Les traitements hématologiques — chimiothérapie, immunothérapie, greffe de moelle — exercent des effets significatifs sur le statut nutritionnel. Une dénutrition, même modérée, augmente le risque de complications infectieuses, rallonge les hospitalisations et peut compromettre l'efficacité du traitement.

Pourquoi l'alimentation est-elle cruciale pendant le traitement ?

Les cellules de la muqueuse digestive se renouvellent rapidement et sont donc particulièrement sensibles aux effets des chimiothérapies. Nausées, mucites, diarrhées et perte d'appétit sont des effets secondaires fréquents qui rendent difficile une alimentation suffisante.

Or, maintenir un apport protéino-énergétique adéquat est essentiel pour préserver la masse musculaire, soutenir la reconstruction médullaire et maintenir un état général compatible avec la poursuite du traitement.

La nutrition ne guérit pas — mais elle crée les conditions dans lesquelles le traitement peut guérir.

Les aliments à privilégier

  • Protéines de haute valeur biologique : viandes blanches bien cuites, œufs, légumineuses, produits laitiers pasteurisés.
  • Aliments riches en zinc et en fer : lentilles, pois chiches, viande rouge maigre — pour soutenir l'érythropoïèse.
  • Graisses de qualité : huile d'olive, avocats, poissons gras (oméga-3 aux propriétés anti-inflammatoires).
  • Probiotiques (si non immunodéprimé sévère) : yaourts pasteurisés, kéfir — pour maintenir la flore intestinale.
  • Hydratation : 1,5 à 2 litres d'eau par jour pour faciliter l'élimination rénale des métabolites des traitements.

Les précautions à respecter

Certaines précautions alimentaires sont impératives, notamment en cas d'aplasie médullaire profonde (neutrophiles < 0,5 G/L). Le régime dit "à faible risque bactérien" limite les contaminations alimentaires potentiellement graves.

Aliments à éviter en aplasie

  • Viandes, poissons et fruits de mer crus ou insuffisamment cuits.
  • Fromages à pâte molle, fromages au lait cru.
  • Fruits et légumes non pelés ou non lavés soigneusement.
  • Charcuteries crues (rillettes, terrine, saucisson sec).
  • Eau non contrôlée (puits, source non vérifiée).

Notre service dispose d'une diététicienne hospitalière qui peut vous recevoir en consultation individuelle à tout moment de votre prise en charge. N'hésitez pas à en faire la demande auprès de votre médecin référent.