Depuis le lancement du premier programme national de greffe en Algérie au CPMC en 1998, notre service a franchi le cap des 4 000 greffes de moelle osseuse — un jalon historique qui fait de nous le plus grand centre de greffe hématopoïétique d'Afrique du Nord.
Un programme pionnier depuis 1998
Avant 1998, les patients algériens atteints de pathologies hématologiques nécessitant une greffe devaient être pris en charge à l'étranger — une réalité accessible uniquement aux familles disposant de ressources financières importantes. Le lancement du programme national de greffe au CPMC a constitué une rupture fondamentale.
Le Pr. Farih Mehdid, chef de l'unité de Greffe, dirige une équipe spécialisée qui a mis en place les conditions techniques, logistiques et humaines nécessaires à la réalisation d'allogreffes et d'autogreffes dans des conditions conformes aux standards internationaux.
4 000 greffes — c'est 4 000 histoires de patients qui ont eu une chance que leurs prédécesseurs n'ont pas eue. Chaque greffe est un engagement total de toute une équipe.
4 000 greffes : un bilan en chiffres
- Plus de 3 000 allogreffes (géno-identiques, haplo-identiques et non-apparentées)
- Plus de 1 000 autogreffes (myélome multiple, lymphomes réfractaires)
- Infusions de lymphocytes donneurs (DLI) pour rechutes post-allogreffe
- Survie globale à 5 ans : 62 % pour les leucémies aiguës en première rémission complète
- Mortalité liée au traitement : 14 % (en ligne avec les données européennes)
Les défis pour démocratiser l'accès
Malgré ces avancées, l'accès à la greffe reste insuffisant au regard des besoins. Plusieurs obstacles structurels persistent : la pénurie de donneurs dans le registre national, le coût des immunosuppresseurs, et le manque d'unités protégées dans les hôpitaux régionaux.
Le registre national de donneurs de moelle
Le développement d'un registre national de donneurs volontaires est une priorité. La France dispose de plus de 350 000 donneurs inscrits — l'Algérie doit impérativement développer une dynamique similaire pour réduire la dépendance aux registres européens et américains, dont les temps d'accès peuvent dépasser 6 mois.